La participation de Son
Excellence le président Mamadi Doumbouya à la 81e session de l’Assemblée
générale des Nations Unies représentait un moment important pour la République
de Guinée. Dans cette enceinte où se retrouvent les chefs d’État et de gouvernement
du monde entier, le président de la République ne se présentait pas en son nom
personnel. Il portait la voix de la Guinée, défendait ses intérêts et incarnait
ses institutions, sa souveraineté ainsi que la continuité de l’État.
C’est pourquoi les manifestations hostiles et les slogans péjoratifs
exprimés par certains ressortissants guinéens aux États-Unis ont suscité une
profonde incompréhension. Un tel comportement, au moment où l’attention
internationale était tournée vers New York, ne pouvait que porter atteinte à
l’image de notre pays.
Nous sommes Africains. Notre tradition, comme beaucoup d’autres
traditions dans le monde, nous enseigne que les différends internes doivent
être examinés avec retenue, responsabilité et respect. Selon une formule bien
connue, « le linge sale se lave en famille ». Cette sagesse ne signifie pas que
les citoyens doivent renoncer à faire connaître leurs préoccupations. Elle
rappelle plutôt que toute préoccupation doit être exprimée dans un cadre
approprié, par des moyens responsables et dans le respect de la dignité
nationale.
Si certains membres de la diaspora guinéenne vivant aux États-Unis
souhaitent attirer l’attention des autorités sur une situation particulière,
des voies institutionnelles existent. Ils peuvent se rapprocher de l’ambassade
de Guinée, solliciter une audience, constituer une délégation ou déposer une
requête écrite exposant clairement leurs préoccupations.
L’ambassade constitue précisément le lien officiel entre les
ressortissants guinéens établis à l’étranger et les institutions nationales.
Elle peut recevoir leurs demandes, faciliter le dialogue et transmettre leurs
requêtes aux autorités compétentes à Conakry afin qu’elles soient examinées et
qu’une réponse appropriée puisse leur être apportée.
Une telle démarche aurait été plus responsable, plus respectueuse et
certainement plus efficace que de descendre dans la rue au moment même où le
président de la République accomplissait une mission officielle au nom de la
Guinée.
Le président Mamadi Doumbouya s’est rendu à New York pour
représenter la République. À cet instant, au-delà de toutes les considérations
personnelles, il incarnait la Guinée devant la communauté internationale. Le
respect dû au président de la République dans le cadre d’un déplacement
international est donc, avant tout, un respect accordé à notre pays.
Même lorsqu’un citoyen éprouve une préoccupation ou ne partage pas
certaines orientations, il doit savoir distinguer ses appréciations
personnelles de l’intérêt supérieur de la nation. On ne peut pas prétendre
défendre la Guinée tout en exposant son premier représentant à des slogans
dévalorisants devant le monde entier.
Il aurait été préférable que la diaspora guinéenne réserve au chef
de l’État un accueil digne de son rang et de la mission qu’il accomplissait.
Les éventuelles préoccupations auraient ensuite pu être présentées à
l’ambassade, dans un cadre serein, respectueux et institutionnel.
Choisir précisément la période de l’Assemblée générale des Nations
Unies pour exposer publiquement des différends internes n’était ni opportun ni
conforme à l’image que la Guinée doit présenter au monde.
Nous lançons donc un appel solennel à nos compatriotes établis aux
États-Unis et, plus largement, à toute la diaspora guinéenne : de tels
comportements ne doivent plus se reproduire.
La diaspora constitue une force intellectuelle, économique, sociale
et diplomatique importante pour notre pays. Par ses compétences, son expérience
et sa contribution au développement national, elle doit demeurer un pont entre
la Guinée et le reste du monde. Elle ne doit pas devenir le lieu où nos
différends internes sont publiquement exposés d’une manière susceptible
d’affaiblir l’image de la République.
Lorsqu’une préoccupation existe, elle doit être formulée clairement,
déposée auprès de l’ambassade et transmise aux autorités nationales. C’est la
voie de la responsabilité, du dialogue constructif et du respect des
institutions. Défendre la Guinée ne signifie pas renoncer à exprimer ses
préoccupations. Cela signifie savoir où, quand et comment les présenter.
Au-delà de nos différences, nous appartenons tous à une même nation.
Lorsque le président de la République représente la Guinée devant le monde, la
dignité du pays doit prévaloir sur les divergences individuelles.
On peut avoir des préoccupations et solliciter
des réponses. Mais on ne doit jamais exposer la République de Guinée à
l’humiliation devant le monde.
LE CONSEIL PERSONNEL D’AMINE MICHEL
Je voudrais adresser une exhortation fraternelle à tous les Guinéens
de la diaspora, qu’ils vivent en Amérique, en Europe, en Asie, en Afrique ou
dans toute autre partie du monde.
Notre tradition africaine nous enseigne le respect du chef, des
autorités et des personnalités qui incarnent la République. Ce respect ne
dépend pas de nos opinions personnelles : il constitue une marque de
considération envers notre pays, son histoire et ses institutions.
Les comportements découverts à travers les images venues des
États-Unis ne doivent plus se reproduire. Cet épisode doit être le dernier.
Gardons notre dignité, préservons notre respect mutuel et protégeons l’honneur
de la Guinée partout où nous nous trouvons.
La Guinée demeure notre patrie commune. Elle est le pays qui nous a
vus naître, grandir et nous construire avant que certains d’entre nous ne
poursuivent leur vie ailleurs. Si nous portons véritablement la Guinée dans
notre cœur, nous devons respecter ce pays ainsi que les personnalités qui
l’incarnent et le représentent à l’étranger.
Qu’il s’agisse du président de la République ou d’une autre haute
personnalité de l’État accomplissant une mission officielle à l’étranger, cette
personnalité a droit à un accueil respectueux et digne, et non à l’humiliation.
J’exhorte donc les compatriotes concernés à réfléchir profondément,
à prendre conscience de la portée de leurs actes et à choisir désormais la voie
du changement, du dialogue et de la responsabilité. Cette recommandation n’est
dirigée contre personne. Elle est formulée dans un esprit fraternel, avec le
souhait sincère de voir l’unité et la dignité nationales retrouver toute leur
place dans nos comportements.
Je les invite également à présenter leurs excuses au président de la
République et, à travers sa personne, au peuple guinéen. Une telle démarche ne
serait ni un affaiblissement ni une humiliation. Elle constituerait, au
contraire, un acte de grandeur, de sagesse et de responsabilité.
Que ce pardon devienne un parfum d’apaisement et de bonheur pour
tous : pour le président de la République, pour les Guinéens demeurés sur le
territoire national, pour ceux établis dans d’autres pays et pour toutes les
personnes qui ont vu circuler ces images.
La Guinée est une nation profondément attachée à la foi et aux
valeurs spirituelles. Or, la reconnaissance d’une erreur, la demande de pardon
et la réconciliation sont supérieures à la rancœur et à la division.
Que chacun fasse donc un pas vers l’autre. Que cet épisode se
referme dans la dignité. Et que, partout dans le monde, chaque Guinéen se
souvienne qu’avant nos divergences, il y a une patrie commune à respecter, à
protéger et à honorer.
Gardons
notre dignité. Gardons notre respect. Préservons ensemble l’honneur de la
Guinée.
Amine Michel
Fondateur et Directeur de
publication
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