J’ai moi-même vécu à l’étranger. J’y ai découvert d’autres horizons, rencontré d’autres peuples et acquis des expériences enrichissantes. Mais une vérité m’a toujours accompagné : aussi longtemps que l’on vive loin de sa terre natale, il arrive toujours un moment, parfois dès le réveil, où un regard, une parole ou une situation vous rappelle que vous êtes étranger.

On peut réussir ailleurs, être respecté et parfaitement intégré. Pourtant, rien ne remplace le sentiment d’appartenir à sa propre terre, de vivre au milieu des siens et de participer à l’avenir de son pays.

C’est pourquoi j’ai décidé de revenir en Guinée, d’y bâtir ma vie et de mettre mes compétences au service de ma patrie. La Guinée est la terre de mon cœur, celle de mes racines, de mon histoire et de mon avenir.

Aujourd’hui, je voudrais adresser un appel sincère à mes frères et sœurs de la diaspora guinéenne.

Partout dans le monde, des Guinéens ont acquis des connaissances remarquables dans les universités, les grandes écoles, les entreprises et les institutions internationales. Nous comptons parmi nous des ingénieurs, des médecins, des enseignants, des chercheurs, des entrepreneurs et des spécialistes de nombreux domaines. Pourquoi notre pays ne bénéficierait-il pas davantage de cette richesse humaine ?

La Guinée a besoin de ses enfants. Elle a besoin de leurs compétences, de leurs expériences, de leur intelligence et de leur engagement.

Sous la conduite du président Mamadi Doumbouya, notre pays nourrit de grandes ambitions de développement. Mais aucun président, quelles que soient sa détermination et sa volonté, ne peut construire seul une nation. C’est la contribution de chacun, dans son métier et selon ses capacités, qui permettra de faire avancer notre pays.

Nous devons également comprendre une réalité fondamentale : personne ne viendra construire durablement la Guinée à notre place.

Les autres peuples travaillent pour développer leurs propres pays. Nous ne pouvons pas attendre qu’ils produisent leurs richesses pour venir financer indéfiniment notre progrès. L’aide internationale et la coopération peuvent nous accompagner, mais elles ne remplaceront jamais nos propres efforts.

C’est à nous de travailler, de verser notre sueur, de valoriser nos ressources et de mettre les connaissances acquises à travers le monde au service de notre développement.

Je sais que le retour au pays exige parfois des sacrifices. Tous ne peuvent pas rentrer immédiatement. Mais chacun peut contribuer, en investissant, en formant des jeunes, en créant des entreprises ou en transmettant son savoir-faire. Nos institutions doivent, elles aussi, faciliter le retour et l’engagement de ces compétences.

Pour ma part, j’ai choisi de vivre en Guinée, avec ses défis, mais surtout avec l’espoir de participer à sa transformation.

À mes compatriotes de la diaspora, je lance cet appel : revenons lorsque nous le pouvons, investissons lorsque nous en avons les moyens et mettons nos talents au service de notre terre natale.

La Guinée possède d’immenses richesses naturelles. Mais sa première richesse, ce sont ses filles et ses fils.

Notre pays ne se construira ni dans l’attente ni dans la dépendance. Il se construira par notre travail, notre intelligence, notre sueur et notre volonté commune.

La Guinée est notre terre. Son avenir est notre responsabilité.

Samba Diakité
Directeur de publication — AFRIQUE AUJOURD’HUI