AFRIQUE AUJOURD’HUI

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ÉDITORIAL

LA GUINÉE EN MOUVEMENT : L’EMPREINTE D’UNE TRANSFORMATION HISTORIQUE

Il arrive dans la vie des nations que quelques années donnent l’impression d’avoir concentré plusieurs décennies de transformations. C’est ce que la Guinée est aujourd’hui en train de vivre.

Pour mesurer le chemin parcouru, il faut regarder ce que notre pays était au lendemain de son indépendance, observer les différentes étapes de son évolution et considérer avec objectivité ce qu’il est en train de devenir.

Depuis le 2 octobre 1958, plusieurs générations de dirigeants se sont succédé à la tête de la République. Chacune a apporté sa contribution à l’édification nationale. Ahmed Sékou Touré restera attaché à l’affirmation de l’indépendance et de la souveraineté nationale. Le général Lansana Conté a dirigé le pays pendant une longue période de son histoire contemporaine. D’autres transitions se sont succédé avant la présidence d’Alpha Condé, sous laquelle plusieurs projets économiques, énergétiques, miniers et infrastructurels ont également été engagés.

Reconnaître cette continuité historique est une exigence d’équité. Mais reconnaître l’œuvre des prédécesseurs ne doit pas davantage empêcher de reconnaître une évidence : depuis le 5 septembre 2021, la Guinée connaît une accélération exceptionnelle de sa transformation.

Et cette impulsion porte incontestablement l’empreinte du Président de la République, Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya.

Il suffit de regarder. Conakry change. Mais réduire cette transformation à la seule capitale serait une erreur. À l’intérieur du pays également, dans les grandes villes, les préfectures, les sous-préfectures et les communes, la dynamique de construction, de modernisation et d’équipement du territoire devient progressivement visible.

Routes, bâtiments administratifs, infrastructures publiques, aménagements urbains, équipements, projets énergétiques, infrastructures minières et ferroviaires : le pays est devenu un immense chantier. La Guinée construit. La Guinée aménage. La Guinée transforme. Et surtout, la Guinée accélère.

C’est probablement cette notion de vitesse qui distingue le plus fortement la période actuelle. Car les régimes précédents ont réalisé des ouvrages et apporté leur contribution au développement national. Personne ne peut sérieusement le nier. Mais rarement la Guinée avait connu, sur une période aussi courte, une telle concentration de chantiers et une volonté aussi affirmée de modifier durablement son architecture économique et infrastructurelle.

 

Illustration éditoriale originale réalisée par intelligence artificielle pour AFRIQUE AUJOURD’HUI. Image à caractère symbolique.

On peut alors légitimement se poser une question, sans porter atteinte à la mémoire ou à l’œuvre de qui que ce soit : si cette cadence de construction et de transformation avait pu être maintenue pendant plusieurs décennies, où en serait aujourd’hui la Guinée ?

Avec ses ressources minières, son potentiel hydroélectrique, ses terres agricoles, sa position géographique et son capital humain, elle aurait certainement pu atteindre beaucoup plus tôt un niveau supérieur de développement et occuper une place encore plus importante parmi les économies émergentes de l’Afrique de l’Ouest.

Mais l’histoire appartient à l’histoire. Et comme le rappelle si justement la sagesse populaire : il n’est jamais trop tard pour bien faire. Ce qui importe désormais, c’est l’avenir. Et cet avenir se construit sous nos yeux.

Le Président Mamadi Doumbouya semble avoir compris qu’un pays ne devient pas une puissance simplement parce que son sous-sol contient des milliards de tonnes de ressources naturelles. La richesse véritable commence lorsque les ressources naturelles deviennent des infrastructures, lorsque les infrastructures permettent l’industrialisation, lorsque l’industrie crée des emplois et lorsque les emplois améliorent durablement les conditions de vie.

C’est pourquoi la volonté de transformation locale des matières premières constitue l’un des enjeux majeurs de cette nouvelle étape. La Guinée ne doit plus seulement être connue comme un pays qui possède de la bauxite, du fer, de l’or ou un immense potentiel énergétique. Elle doit devenir progressivement un pays qui transforme ce qu’il possède. C’est toute la différence entre disposer de richesses et construire une puissance économique.

Dans cette vision, le développement du projet Simandou constitue naturellement l’un des instruments majeurs de la transformation économique du pays. Les infrastructures ferroviaires, portuaires et industrielles qui l’accompagnent peuvent contribuer à restructurer durablement l’économie nationale et à renforcer la place de la Guinée dans les grands échanges internationaux.

Mais au-delà même de Simandou, c’est une philosophie du développement qui semble progressivement s’installer : construire aujourd’hui les fondations qui permettront à la Guinée de produire davantage demain.

Il faut également reconnaître que toute grande transformation économique comporte une période d’effort. Les difficultés économiques que peuvent ressentir certaines familles sont réelles. La question du pouvoir d’achat, de l’emploi et du coût de la vie demeure naturellement importante. Mais un pays qui investit massivement dans ses infrastructures prépare également les conditions de sa croissance future.

C’est pourquoi l’effort entrepris doit être poursuivi avec détermination, tout en veillant constamment à ce que les fruits de cette transformation bénéficient progressivement à toutes les catégories de la population. Car l’objectif final demeure le Guinéen : son quotidien, l’emploi de ses enfants, son école, ses soins, ses déplacements et les possibilités offertes à ses entreprises.

C’est précisément pour cette raison que l’œuvre actuellement engagée ne doit pas reposer uniquement sur les épaules du Président de la République. Une ambition nationale appelle une mobilisation nationale.

Nous exhortons donc les Guinéennes et les Guinéens à accompagner cette dynamique. Les opérateurs économiques doivent investir. Les fonctionnaires doivent servir avec davantage de rigueur. Les entreprises privées doivent participer à la création de richesses et d’emplois. Les banques doivent soutenir l’investissement productif. Les enseignants doivent préparer les compétences de demain. Les ingénieurs, les médecins, les agriculteurs, les commerçants, les artisans et la jeunesse doivent tous prendre leur part dans cette construction. La diaspora guinéenne possède également un rôle considérable à jouer par ses compétences, ses investissements et son expérience.

Car lorsqu’un chef d’État imprime une direction au développement national, la responsabilité collective consiste à transformer cette impulsion en mouvement durable. Certaines générations ont la chance d’assister directement à la transformation de leur pays. La Guinée semble être entrée dans l’une de ces périodes.

Et l’une des caractéristiques les plus remarquables de la transformation engagée sous l’autorité du Président Mamadi Doumbouya réside précisément dans son étendue territoriale. Il ne s’agit plus seulement de transformer Conakry. Il s’agit de construire la Guinée : de la capitale aux grandes villes, des préfectures aux sous-préfectures, des communes urbaines aux collectivités de l’intérieur.

C’est cette Guinée-là qu’il faut désormais construire ensemble. Une Guinée qui produit. Une Guinée qui transforme. Une Guinée qui industrialise. Une Guinée qui construit. Une Guinée qui croit enfin pleinement à la grandeur de son potentiel.

Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya, a imprimé un rythme. Il a ouvert de grands chantiers. Il a placé la transformation et la modernisation du pays au centre de l’action publique. Il appartient désormais à toutes les forces vives de la nation de contribuer à cette dynamique.

Parce qu’au bout du compte, les grandes infrastructures que nous construisons aujourd’hui n’appartiendront ni à un gouvernement ni à une génération. Elles appartiendront à la Guinée.

Et lorsque les générations futures regarderont les transformations réalisées durant cette période, elles pourront mesurer l’ampleur du chemin parcouru depuis le 5 septembre 2021. C’est cela, finalement, l’empreinte d’un bâtisseur : transformer suffisamment profondément son pays pour que son œuvre continue de parler longtemps après l’époque qui l’a vue naître.

La Guinée a attendu longtemps. Aujourd’hui, elle avance. Et lorsque l’histoire d’un pays se remet ainsi en mouvement, le devoir de toute une génération est de l’accompagner pour que cette marche vers le développement devienne irréversible.

Amine Michel
Président fondateur et Directeur de rédaction
AFRIQUE AUJOURD’HUI
Conakry, le 28 août 2026

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