Mais mon regard de témoin doit rester exigeant.
Je peux admirer les immeubles qui montent et poser en même temps une question essentielle : quand cette
transformation se traduira-t-elle encore davantage dans la vie quotidienne du citoyen ?
Le développement ne peut pas s’arrêter au bord d’une route. Il doit entrer dans les familles. Il doit devenir un emploi pour le jeune, une meilleure école pour l’enfant, des soins accessibles, une énergie disponible et un revenu
permettant à celui qui travaille de vivre dignement.
C’est probablement le prochain grand défi.
Les infrastructures peuvent donner un nouveau visage au pays. Le progrès social doit, lui, donner un nouveau visage à la vie des Guinéens.
Reconnaître ce qui est construit aujourd’hui ne doit donc jamais empêcher de demander davantage pour demain.
C’est même ainsi que l’on respecte le travail déjà accompli : en exigeant qu’il produise pleinement ses effets dans la vie du peuple.
J’ÉTAIS LÀ
Dans vingt ou trente ans, d’autres raconteront cette période. Ils consulteront les archives, regarderont les
photographies, compareront les chiffres et liront peut-être les journaux que nous écrivons aujourd’hui.
Nous possédons cependant quelque chose qu’ils n’auront jamais : nous sommes les témoins.
Nous avons vu certains chantiers commencer. Nous avons vu les fondations sortir de terre. Nous avons vu les
immeubles prendre de la hauteur et des espaces changer de visage.
Peut-être qu’un jour, devant un ouvrage devenu banal pour les générations futures, nous pourrons simplement dire :
« J’étais là lorsqu’on le construisait. »
Voilà pourquoi je crois que le passage de Mamadi Doumbouya à la tête de la Guinée laissera une empreinte. La
dimension définitive de cette empreinte appartiendra à l’histoire. Mais quelque chose est déjà visible : la Guinée est en chantier et, derrière ce chantier, apparaît une ambition de grandeur.
Il faudra poursuivre. Il faudra achever. Il faudra surtout faire en sorte que cette grandeur devienne celle de chaque Guinéenne et de chaque Guinéen.
Alors le béton cessera d’être seulement du béton. Il deviendra un héritage.
Pour ma part, je ne prétends pas écrire aujourd’hui le verdict de l’histoire. Je témoigne simplement de la Guinée que mes yeux voient.
Et la Guinée que je vois aujourd’hui est un pays qui semble avoir décidé de ne plus regarder son avenir de loin.
Elle est en train de le construire.
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Président fondateur
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